Mon Dieu! Donnez-moi de la patience mais faites vite! 

Publié le 28 octobre 2019 | Grand-papa Pierre

Chers lecteurs et lectrices,

 

Il arrive parfois que certains comportements de nos enfants viennent « nous chercher » en mettant à l’épreuve notre patience. Selon mon expérience et mes observations, s’il y a une qualité incontournable dans notre rôle de parent, c’est bien la patience. Ces chers petits sont tellement maladroits et veulent tout découvrir, même les choses les plus fragiles et les plus dangereuses. Il y a également ces initiatives parfois risquées ou susceptibles de faire des dégâts, avec des conséquences non souhaitables tant pour l’enfant que pour le parent.

 

  • Ils n’aiment pas toujours ce qu’on leur sert aux repas et boudent même les meilleurs aliments pour leur santé tout en réclamant ceux qui, supposément, seraient les plus néfastes.
  • De plus, les heures du dodo leur semblent souvent trop hâtives ce qui a pour effet de rendre les couchers plus laborieux réduisant ainsi le temps libre si précieux de nos soirées.
  • La motivation à collaborer aux tâches ménagères de même que celle pour les travaux scolaires ne sont pas toujours au rendez-vous. Ajoutons à cela les chicanes entre frères et sœurs, ces chicanes dont la cause nous paraît tellement futile.

 

Ceci étant évoqué, on comprend qu’il faut de la patience pour être parent; je laisse le soin au lecteur d’identifier des comportements pour lesquels sa patience est réellement sollicitée dans son rôle parental. Certains diront même, avec ironie bien sûr, qu’il n’est pas nécessaire d’être fou pour être parent, mais ça aide… Permettez-moi de vous partager quelques réflexions sur le sujet.

 

J’ai observé maintes fois que cette fameuse patience, bien qu’essentielle dans l’harmonie familiale, est souvent mal comprise et, par conséquent, mal appliquée.

 

Certains parents la voient comme une performance, croyant que les meilleurs parents sont les plus patients. Mais poussée à l’extrême, la patience peut rendre les parents quelque peu aveugles. Ceux-ci ne voient plus que les enfants ont pris le contrôle de la maisonnée, que la majorité des activités sont en fonction des enfants, comme si les parents n’avaient plus leur place. La règle d’or à la base de cette performance: éviter à tout prix les frustrations et les contrariétés qui risqueraient de les traumatiser et de nuire à leur bonheur et leur équilibre à l’âge adulte. Ces parents ressemblent à des valets épuisés, à bout de ressources. Qui plus est, ces parents acceptent cette condition comme preuve de leur amour envers leurs enfants, en pensant : « Il faut vraiment les aimer pour tolérer toutes leurs initiatives et libertés tellement bonnes pour leur développement ».

 

Dans ces conditions et de façon plus ou moins consciente, une amertume et une agressivité s’installent chez le parent qui se voit, sans l’avouer, victime de ses enfants. Attention! Si jamais vous ressentez ces genres d’émotions, vous avez été « trop » patients, à votre détriment. Votre rôle parental risque d’en souffrir…

 

Certains parents voient la patience comme une faiblesse, croyant que les enfants ont besoin d’un encadrement rigide. Mais l’absence de patience poussée à l’extrême peut rendre les parents quelque peu aveugles. Ceux-ci ne voient plus que leurs enfants agissent dans la peur, dans la manipulation et même en cachette avec certains risques qui en découlent, comme si les enfants n’avaient plus leur place. La règle d’or de ce manque de patience: éviter que les enfants ne développent de mauvaises habitudes ou qu’ils ne deviennent vulnérables aux mauvaises influences qui pourraient nuire à leur bonheur et leur équilibre à l’âge adulte. Qui plus est, cette sévérité constitue la preuve de leur amour envers leurs enfants, en pensant : « Il faut vraiment les aimer pour dépenser autant d’énergie à les contrôler ».

 

On comprendra que j’ai illustré les extrêmes de la patience et de la non-patience, sachant que ces extrêmes, justifiées comme performance ou faiblesse, se retrouvent parfois dans des familles, au détriment des parents ou des enfants. Certains diront alors que l’idéal se situe probablement entre ces deux extrêmes? Voilà le problème : on voit trop souvent la patience d’un point de vue quantité : on en a plus, ou moins! Mais alors, comment déterminer la « bonne » quantité de patience!

 

En fait, il ne s’agit pas de quantité mais de « qualité » de la patience. Pas celle qui permet ou restreint mais celle qui engage la relation entre le parent et l’enfant, et fait de la patience une opportunité de communication.

  • Elle est présence et bienveillance.
  • Elle informe l’enfant de la raison pourquoi vous tolérez ou ne tolérez pas telle situation.
  • Elle accompagne et guide l’enfant dans son expérience.
  • Elle accepte et « ne prend pas personnel » les erreurs et les maladresses de l’enfant.
  • Elle est curieuse de voir comment l’enfant cherche à comprendre son environnement.
  • Elle anticipe le comportement de l’enfant pour prévenir une conséquence néfaste.
  • Elle s’affirme avec fermeté pour tenir compte des besoins de tous les membres de la famille.
  • Elle exprime les valeurs chères aux parents.
  • Elle écoute ce que l’enfant vit dans ses initiatives.
  • Elle invoque le pouvoir nécessaire pour mettre fin à des comportements inacceptables.

 

Je laisse au lecteur le soin de créer sa propre qualité de patience, selon ses besoins, ses valeurs, ses capacités, ses connaissances, son expérience. Bref, l’expression de son authenticité dans cette relation parent-enfant.

 

D’ailleurs, cette même qualité de patience, le parent peut se l’accorder à lui-même pour accepter sa propre imperfection de parent.

 

En conclusion, on peut penser qu’une patience de qualité, portée par l’amour de nos enfants, est de nature divine. En réponse à la prière énoncée dans le titre de la présente chronique, que cet appel à la patience soit donc exaucé immédiatement pour celui qui la demande.

 

Grand-Papa Pierre

 



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