L’estime de soi

Publié le 12 mai 2017 | Chronique de grand-papa Pierre

Chers lecteurs et lectrices,

Voilà bien un concept souvent présent dans les relations familiales : l’estime de soi. Tous s’accordent à dire que c’est important dans la vie d’un enfant, pour son bonheur et sa réussite. J’invite le lecteur à réfléchir sur ce que veut dire au juste avoir une bonne estime de soi. Selon mes observations et mes propres réflexions, telle que définie généralement, ça semble se résumer à ceci : l’enfant a confiance en lui et il se trouve bon. Qu’en pensez-vous?

En conséquence de cette définition, les « bons » parents appliqueront donc les trucs et conseils pour que l’enfant augmente sa confiance en lui-même et qu’il se trouve bon. Les plus courants sont : des encouragements (Vas-y, t’es capable), des compliments (Tu es le meilleur), des renforcements positifs (Tu réussiras la prochaine fois) et des récompenses (Voici ton jeu vidéo, tu l’as bien mérité), le tout dosé judicieusement pour maximiser l’effet escompté. En contrepartie à ces trucs et conseils, certains se préoccupent que l’enfant ne « s’enfle la tête » ou qu’il se sente supérieur aux autres ou qu’il manigance quelque manipulation ou qu’il se sente stressé face à une exigence de performance.

On comprend que l’application de tous ces trucs et conseils n’est peut-être pas si simple. Soit dit en passant, chanceux tout de même les enfants dont les parents sont disposés à leur offrir toutes ces « belles choses », ce qui n’est pas le cas pour tous les enfants. Quoiqu’il en soit, ce ne sont pas toutes ces « belles choses » qui favorisent vraiment l’estime de soi chez l’enfant. C’est que celui-ci baigne alors dans un monde où les autres lui dictent ce qu’il doit penser de lui-même, comme si son opinion de lui-même n’existait que par les opinions des autres.


C’est parfois surprenant ce que les enfants pensent d’eux-mêmes. Mais pour le savoir, il faut les écouter. Malheureusement, l’écoute n’est pas à la mode. Pourtant c’est l’un des « trucs » les plus efficaces pour favoriser l’estime de soi …


Poursuivons donc notre réflexion et permettez-moi de vous présenter l’estime de soi selon Grand-Papa Pierre, sans ne vouloir en rien contredire les définitions des psychologues et autres experts. Simplement comme base de réflexions, laissez-moi vous guider sur ce que chaque personne est en droit de penser sur elle-même.

Je vous invite d’abord à prendre un moment pour vous laisser habiter d’un regard appréciatif de la Vie en tant que phénomène extraordinairement grandiose. C’est avec un tel regard que l’estime de soi prend tout son sens. Ainsi, chaque enfant, de par son existence, est digne d’estime; d’abord pour son périple d’avoir atteint le monde des vivants, ce qui n’est pas une mince affaire quand on sait d’où il vient et tout ce qu’il a traversé pour venir nous rejoindre; ensuite pour tous les talents et capacités qu’il possède, lesquels peuvent enrichir la vie de ses proches et contribuer, à sa façon, à l’évolution de l’humanité.


Bien entendu, l’estime de soi n’est pas l’apanage seulement des enfants. Je vous invite à poser sur vous-même ce même regard appréciatif. Nous, les adultes, avons raison aussi de s’estimer nous-mêmes, de par notre propre existence, pour tout ce que nous avons accompli et pour le sens que nous donnons à notre vie, sans jugement ni comparaison avec quiconque.


On comprend que cette définition va bien au-delà de la confiance en soi et du fait de se trouver bon. De réaliser que nous sommes privilégiés de faire partie du monde des vivants avec les talents et capacités que la Vie a daigné nous accorder, cela constitue la source intrinsèque de notre estime de soi…accessible à tous. Il faut simplement se donner la peine d’en prendre conscience. C’est un choix, c’est une démarche personnelle, c’est ma responsabilité pour que ma vie me ressemble de plus en plus. Mon estime de moi-même, c’est à moi de la bâtir. Mais reconnaissons que certains contextes sont plus favorables que d’autres.

Ce privilège nous rappelle que nous avons plein droit d’être ce que nous sommes et nous invite donc à être authentique, à s’assumer avec les autres et dans nos actions. Tant que nous n’avons pas pris conscience de ce privilège, nous demeurons assujettis aux jugements et à toutes les pressions sociales qui nous accablent quotidiennement. Je peux bien avoir confiance en moi mais certaines épreuves, certaines erreurs, certaines peurs, certaines culpabilités me guettent et ébranleront sûrement cette confiance. Je peux bien me trouver bon dans un domaine en particulier, mais il y en aura toujours de meilleurs que moi. Tout cela n’enlève rien à ma valeur intrinsèque.

Et c’est à partir de cette authenticité que je sais apprécier les autres pour ce qu’ils sont. Je reconnais qu’ils ont le droit, eux aussi, d’être ce qu’ils sont; et s’ils n’ont pas une bonne estime d’eux-mêmes, je les estime assez pour leur laisser la responsabilité d’acquérir cette estime pour eux-mêmes. Pour différentes raisons, nombreuses sont les personnes qui ne ressentent pas cette estime inhérente à leur propre existence. C’est qu’elles ne savent pas qui elles sont. J’invite le lecteur à se questionner sur l’estime qu’il a de lui-même; car sa relation avec les autres et avec ses enfants, en particulier, peut être profondément affectée.

Comment faire alors pour que l’enfant en arrive à faire cette prise de conscience? Selon mon expérience et mes observations, les enfants sont déjà prédisposés à une bonne estime d’eux-mêmes, cadeau de la Vie. J’ai souvent observé que les parents qui ont une bonne estime d’eux-mêmes sont plus en mesure de favoriser l’estime de soi chez leurs enfants, au-delà de tous les trucs et conseils (encouragements, compliments, renforcements positifs, récompenses). Ces parents sauront reconnaître le mérite de leurs enfants d’être simplement vivants, talentueux et capables d’être heureux et responsables. En conséquence, ils ont de l’estime pour leurs enfants.


Or, l’enfant qui a l’estime de ses parents est traité en conséquence. On ne cherche pas à le contrôler par la peur, la culpabilité, les punitions ou les récompenses; on lui dit les vraies affaires; on lui fait confiance; on l’écoute dans ses difficultés, dans ses idées et dans ses projets; on l’informe objectivement des conséquences de ses comportements; on fait appel à son sens de responsabilité.


Bref, on bâtit une relation basée sur l’authenticité de part et d’autre. C’est dans ce contexte qu’il expérimente l’estime, ce qui lui donne toute la latitude pour bâtir sa propre estime de lui-même, tout en apprenant à estimer les autres.

J’invite le lecteur à imaginer une relation entre des personnes qui s’estiment mutuellement, qui osent être authentiques tout en prenant soin les uns des autres. C’est ainsi que l’estime de soi prend vie dans un couple, une famille, une communauté. Chers lecteurs, sachez que j’ai beaucoup d’estime pour vous.

Grand-Papa Pierre.

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