Img

26 mai 2026

La famille : lieu privilégié de complicité et de bienveillance.

Mes inspirations à écrire ces chroniques à Famille à Cœur me viennent souvent de ce qui se passe autour de moi ou de certaines activités qui font partie de ma vie de Grand-Père. Mon intérêt pour les relations familiales, ainsi que mon expérience de grand-père, me rendent particulièrement sensible aux valeurs familiales. Or, une activité récente de ma vie de grand-père fut une visite de deux jours chez ma fille Mélodie qui vient d’accoucher de son deuxième enfant.

Quel privilège que de me retrouver dans cette dynamique familiale qui accueille mon sixième petit-enfant; il avait quatre mois et demi lors de ma visite; avouons-le, il était le centre d’intérêt d’à peu près tout ce qui se passait à ce moment-là. Il est tellement mignon, tout bien potelé d’un bon lait maternel, au regard attachant lorsqu’il nous fait le cadeau d’une légère esquisse de sourire, ce qui nous rend plus tolérant à son humeur capricieuse qui demande de le porter et de le promener souvent pour le calmer.

Et ses nuits sont encore interrompues de pleurs et de besoins de boire; mais ça, c’est le défi particulier des parents : s’échanger chacun des portions de nuits en sommeil continu. Voilà une belle complicité de parents tout dévoués à prendre soin l’un de l’autre et du bébé, ainsi que de la grande sœur qui, en d’autres temps, a aussi besoin d’attention; elle est incluse dans cette complicité de contribuer à l’harmonie de l’évènement.

En plus, ma fille ainée, Marie-Élaine, mère expérimentée des deux adolescents (un gars et une fille), est venue seule se joindre à nous durant ma visite; occasion de rencontrer son père (moi), d’aider les nouveaux parents (son beau-frère et sa sœur cadette), de revoir sa nièce (cousine de ses deux enfants) et, évidemment de prendre connaissance de son nouveau neveu. Un beau rassemblement familial plein de tendresse et de fraîcheur.

Il n’en fallait pas plus pour qu’un tel évènement familial me serve d’inspiration pour une chronique à Famille à Cœur en tant que témoin de complicité et de bienveillance.

Bien sûr! L’arrivée d’un nouveau-né chamboule tout couple et famille. La présence d’un nouvel être aussi dépendant, inconnu et ayant des exigences de nourriture et d’hygiène incontournables, fait appel aux valeurs relationnelles les plus nobles, notamment : complicité et bienveillance, deux valeurs suffisamment cruciales pour en faire le titre de la présente chronique…

On le sait, les quelques mois qui précèdent et qui suivent un accouchement demandent une mobilisation de tous les instants de la part de tous ceux concernés de près ou de loin par cet évènement. Tous ont besoin d’une attention particulière : le nouveau-né, bien sûr; et la mère, bien sûr; et le père, bien sûr; et la grande sœur, bien sûr. Allaitement, couches, sommeil, repas, école, travail, ménage, parenté, etc. font partie d’une dynamique particulière propre à modeler une nouvelle vie quotidienne. On se rappelle que les familles sont constamment exposées à des changements en profondeur; que ce soit des accouchements, des naissances, des enfants qui grandissent et qui vont à l’école, des parents qui grandissent également et qui travaillent, etc., sans oublier les maladies enfantines et autres problèmes de santé… Bref, les changements en continu font partie intégrante de toute vie familiale, ce qui demande une résilience à développer et à reconnaître, souvent mise à rude épreuve. Résilience et croissance riment tellement bien…

Que cette dynamique, pour le moins houleuse, serve de tremplin pour consolider les liens qui rendent la famille fière et forte. Par exemple, que les souvenirs d’une naissance, avec tout ce que cela comporte, demeurent les témoins de courage et de dons de soi propres à faire grandir l’estime de soi de chacun, du nouveau-né aux parents eux-mêmes.

À bien y penser, pas besoin d’attendre une naissance pour mettre en œuvre une bienveillante complicité dans notre entourage. Les familles sont toutes exposées à un moment ou un autre à une épreuve quelconque : un échec, une perte d’emploi, une maladie, un conflit avec un proche, une insolvabilité, un décès, même une révélation possiblement honteuse, etc. Je te laisse le soin d’identifier ce genre d’épreuve que tu as déjà vécu.

Comme pour l’arrivée d’un nouveau venu dans la famille, on comprend que c’est lors de ces épreuves que la complicité et la bienveillance prennent tout leur sens, d’autant plus que, c’est dans l’épreuve que de telles dispositions doivent faire appel à ce qu’est véritablement le courage, c’est-à-dire : transcender les jugements, les rancoeurs, savoir se désidentifier de la situation et prendre du recul, assumer sa propre valeur et viser, pour tous, le rétablissement harmonieux de la situation. Ainsi, chaque épreuve a le potentiel de devenir une occasion de croissance pour tous ceux qui y sont impliqués. L’expérience de la complicité et de la bienveillance s’enrichit de réciprocité et de durabilité pour ton milieu familial immédiat et même élargi.

La simple vie quotidienne se présente très bien pour mettre à l’œuvre cette bienveillante complicité. Concrètement, que pourrais-tu faire pour la manifester dans la réussite des études de tes enfants, ou encore pour la collaboration de tous aux tâches ménagères, ou encore pour adopter des comportements agréables dans la famille?  Que pourrais-tu faire concrètement pour supporter ton conjoint ou ta conjointe à avoir du succès dans son travail? La Vie devient tellement plus riche et agréable de s’ouvrir au sentiment bienveillant, celui d’être avec l’autre, de s’intéresser à ce qu’il vit au-delà de ce qu’il dit. Comprendre plutôt que juger. Comprendre appelle des émotions plus douces, suscitant une plus grande complicité en reconnaissance de ce que moi-même je vis. Un sentiment de connexion devient plus naturel, propice à alimenter une complicité bienveillante réciproque.

Que pourrais-tu faire concrètement pour avoir du support de ta famille dans des projets qui te tiennent à cœur? Autrement dit, tu as droit toi aussi à susciter la complicité bienveillante des autres. La complicité, par sa nature même, se doit d’être réciproque et bienveillante. Exprimer aux autres l’invitation qu’ils soient complices dans ce que tu souhaites de la Vie constitue alors un exemple rayonnant pour que les autres s’ouvrent à la complicité de ce qu’ils souhaitent de la Vie. En voulant simplement être complice du bonheur de ceux qu’on aime: un bonheur partagé est un bonheur doublé.

 

Grand-Papa Pierre.

img